A la fin de l’été 2014, j’avais pris ma décision. Quitter mon boulot, quitter Paris que je ne pouvais plus voir en peinture, affronter mes peurs surtout… et me barrer. Voilà, aussi simple que ça. Me barrer.

Non je n’avais aucun projet en tête, pas de plan B, pas de promesses mais il me fallait vivre quelque chose de nouveau ou j’allais mourir. Ca fait dramatique dit comme ça mais en réalité, je n’en étais pas très loin.

Je venais de passer deux années à faire un boulot qui me rendait malheureuse dans une ambiance déplorable. Qu’on se comprenne bien, en ces temps de crise, trouver un boulot quand on est une jeune diplômée à la peau basanée, ça paraît parfois un peu compliqué. J’ai été très heureuse de trouver ce premier boulot qui m’a ouvert les portes de la vie active (avec toutes les merdes qui vont avec mais quand même, on ne va pas trop s’en plaindre).

Bref… deux années de hauts et de bas durant lesquelles je me suis sentie bloquée, forcée de rentrer dans un moule qui me convenait de moins en moins. Alors à la fin de l’été 2014, j’ai décidé qu’un changement radical s’imposait. J’ai fait comme tous les copains et je me suis pris un billet pour Londres.

J’avoue, c’était facile.

Changer sans vraiment changer. Un monde différent mais pas trop, aisé de s’adapter quand on est en territoire connu, Londres étant ma destination favorite depuis 2008. Objectif : faire son trou par tous les moyens. Pas la peine de faire un résumé de la course au boulot… tout le monde a eu sa part d’expériences chelous et exténuantes.

Et puis surprise… une offre pour un boulot correspondant à ce que je recherche. Les recruteurs sont intéressés par mon profil. Seul bémol (?) ce boulot se trouve au Koweït. Pense bien que m’expatrier au Moyen Orient n’était pas dans mes objectifs de l’année, mais bon pourquoi pas… histoire de… sans grande conviction juste pour s’entraîner en attendant.

Quatre entretiens et un test plus tard… le dilemme est immense. Rester ou m’en aller. Autour de moi, les avis sont tranchés et la peur de l’inconnu a souvent le dernier mot. Mais j’ai tendance à croire que quand la vie offre des opportunités totalement hors de l’ordinaire, il y a toujours une raison. C’était tout simplement la réponse à ce que je demandais depuis si longtemps. Ne pas rentrer dans le moule.

Mars 2015

Le coeur gros, en panique totale, j’ai dit au revoir à ce que je connaissais, aux miens, à mes amours, j’ai posé un dernier regard sur Paris l’endormie et j’ai embrassé l’inattendu. 7 heures de vol dans les pattes, j’atterris en pleine nuit dans la ville qui deviendra la mienne, brillant de mille feux. Les yeux pleins d’étoiles, j’ai découvert l’extravagance des centres commerciaux du Moyen Orient côtoyant l’humilité des baqalas du coin, des sonorités différentes, des goûts authentiques et plus globalement, une culture qui m’aura non pas donné, mais offert la plus grande claque de ma vie.

En l’espace d’un an, j’ai remis en perspective tout ce que je prenais pour acquis dans ma vie tout en soudant des amitiés parfois solides, parfois totalement éphémères mais qui auront toutes été une leçon, un apprentissage précieux.

Non, bien sûr tout n’est pas tout rose et l’on rencontre autant de déconvenues qu’à la maison. Les frustrations sont parfois nombreuses et il n’est pas toujours facile de composer avec des nuances culturelles qui nous échappent complètement. Mais cela reste la meilleure décision que j’ai prise ces dernières années.

Et après ?

Pour célébrer, notre première année au Koweït, mes amies et moi nous sommes offert une petite soirée à Koweït City et avons pris nos quartiers chez Fauchon le temps d’un dîner extra spécial et de faire un petit bilan de ce que nous avons appris sur nous-mêmes au cours des 12 derniers mois.

En ce qui me concerne, j’ai découvert la combattante qui se cachait en moi et à qui j’ai donné carte blanche. J’ai fait face à ma timidité quasi maladive, à mes peurs et aux idées que je me faisais de moi-même qui me paralysaient. J’ai appris la patience… parce que ce pays demande beaucoup de patience. Mais surtout, j’ai appris l’humilité, compris l’étendue de mes privilèges.

Est-ce que je me vois rentrer en Europe bientôt ?

Il me semble difficile de répondre à cette question. Je crois qu’il est dur de faire marche arrière et de revenir à ce que l’on connaît. Le changement est une drogue puissante, rafraîchissante et vivifiante. Et c’est peut-être bien la seule que je recommanderais à tous ceux qui se sentent coincés dans une vie qui ne leur convient pas. Prendre le taureau par les cornes et laisser à la vie l’occasion de montrer ce qu’il y a de plus beau et de plus excitant est absolument effrayant… mais le jeu en vaut la chandelle pour ce que cela rapporte en émotions, en crises de larmes et en fou rires incontrôlables. C’est en partant que j’ai pu faire la paix avec moi-même.

Où est-ce que je me vois dans 5 ou 10 ans ?

Excellente question. Je crois que j’aime quand la vie m’offre des surprises inattendues, alors je vais me contenter de fermer les yeux et de souhaiter quelque chose très, très fort.

 

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Plus de photos sur mon Instagram.

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