Au lendemain du premier tour des élections présidentielles, tout le monde a la gueule de bois… ou le prétend. Mais sers-toi un verre, parce qu’il faut qu’on discute de ce concours de commentaires dépassés. Comment a-t-on pu en arriver là ? Le Pen au second tour face à Macron et son programme en carton-pâte. Et si on essayait d’être un peu honnête avec soi-même pour changer ?

En toute sincérité, de quoi on s’étonne déjà ? Pourquoi ces propos outragés ? Tirons une carte au hasard…

Brexit, Trump, les attentats à répétition, juste pour commencer.

Les jeux et calculs politiques menés par la Gauche et par la Droite qui ont permis de légitimation du discours FN et participé à sa démarcation comme “anti-élite”, proche du peuple au cours des 15 dernières années. Non, toujours rien ?

Les dernières régionales ? Ca devrait faire *tilt* pourtant…

Je ne vais même pas enrager contre ceux qui ont voté FN. Au moins, ces gens-là votent la conviction chevillée au corps, il faut le leur reconnaître.

Toutefois, la capacité d’un peuple à agir contre ses propres intérêts reste un mystère pour moi. Après cinq années passées à se plaindre de la destruction du modèle social que le monde nous envie (bon okay, pas autant que les pays Scandinaves, mais on se défend bien), à lutter contre la loi travail, à dénoncer le CICE (Macron dans ses grandes œuvres), à râler contre la montée des inégalités, contre l’avidité du patronat et des entreprises du CAC 40, on envoie Macron – ministre Hollandien – au second tour face à Le Pen ?

confused

Tomber pour une campagne de creux et de toc, positionnant Macron comme on positionnerait un produit, pure création marketing… comment encore oser se moquer des Américains qui ont mangé la merde de Trump directement à la source, quand on se précipite pour en faire de même. Non mais expliquez-moi, parce que j’ai raté un passage.

Donc aujourd’hui, notre choix c’est la violence de l’exclusion contre celle du néo-libéralisme. Les appels au ralliement, au “front républicain” ont commencé dans un tourbillon à donner la nausée. Cinq ans, c’est long. On fait quoi maintenant ?

Compte tenu de l’enthousiasme des français pour cette campagne surréaliste, pour des élections dites “capitales”, avec un taux d’abstention toujours croissant, on pourrait peut-être enfin admettre que la fêlure de notre système démocratique est au bord du craquage. Aucune glue républicaine ne sera assez forte pour recoller des morceaux qui de toute façon sont déjà bien trop ébréchés pour qu’il y ait une vraie chance de cohésion. Au lieu de cacher les dégâts sous le tapis élimé du voile et autre burkini des femmes musulmanes, il suffirait certainement d’avouer la faute et de jeter cette relique aux mécanismes rouillés.

Puisque ça n’a l’air de ne gêner absolument personne que Macron pique de Gauche et de Droite pour son kamoulox géant de programme inexistant, il n’est pas interdit de faire de même avec peut-être un peu plus de bon sens que de “démissionner pour sanctionner son patron”.

Macron ou l’ubérisation de la révolution pour tous. Hasta la victoria, siempre. Oui, mais les fouilles pleines.

De l’autre côté, ceux qui aimeraient croire que le népotique FN ne fait pas partie de l’establishment, buvant les larmes d’un Florian Philippot sur toutes les ondes et tous les écrans tv de France pleurant l’ostracisation des fiers patriotes.

Quelqu’un aurait-il l’amabilité de rappeler depuis quand les Le Pen vont et viennent dans le paysage politique français ? C’est compliqué d’être un outsider quand on tisse les mêmes toiles que ceux qui parasitent la Gauche comme la Droite depuis que de Gaulle a fait de la politique une profession. D’ailleurs, Marine ne s’est-elle pas réclamée de Jaurès récemment ? L’ironie est trop belle ! L’hypocrisie encore plus, quand ces anti-Europe déclarés bourrent leurs comptes en banque déjà bien garnis avec des sous glanés illégalement à l’Union Européenne ?

Parlant de comptes en banque bien garnis, Marine fait du pied et de l’œil à Poutine, ce qui a l’air de faire frétiller du pompon bon nombre de français qui voient en l’homme fort de la Russie l’épitomé de la présidence virile et sans concession. A ceux-là qui rêvent d’une France forte, d’une “France first”, je ne dirai qu’une chose : la liberté de critiquer est une réalité fugace. Que d’aucuns apprécient franchement une “France fist”.

Alors bien sûr, l’on pointe déjà du doigt les abstentionnistes. Taper sur des boucs-émissaires tout désignés est une tradition bien de chez nous, pile entre le vin et le fromage. Ces abstentionnistes qui cracheraient donc et sur la démocratie et sur la mémoire de ceux qui sont morts pour elle. Certes, mais ces mêmes abstentionnistes sont en plein exercice de leur droit à exprimer leur opinion par un refus de voter pour quelque idéologie. C’est rappeler haut et fort que la République est en plein échec. C’est peut-être pour ça que personne ne les aime, ces salauds, ces inéduqués, ces ingrats d’abstentionnistes. Ils sont le miroir de notre échec collectif.

Il ne faudra pas qu’ils viennent se plaindre des résultats dans deux semaines !

Si vous vous posiez la question, j’ai bien voté le 23 avril dernier… selon mes propres convictions et mon candidat n’aura pas reçu les faveurs du public. Tant pis, c’est le jeu.

Ceci dit, tant que j’y suis, j’invite qui veut l’entendre à se rappeler que les politiques sont à notre service et non le contraire. Déplacer le problème de l’abstentionnisme grandissant sur le peuple français qui se reconnaît de moins en moins dans ceux qui les “représentent” est jouer le même jeu que ces politocards qui engraissent des assistants parlementaires fantômes qui ne parviendraient pas à épargner depuis les fins fonds de leur château à la campagne. #rendslargent

rends l'argent

Ce sont les serviteurs des institutions publiques qui ont la responsabilité de maintenir les citoyens dans le giron de la République. Ce sont les serviteurs de la chose publique qui doivent entendre, écouter et comprendre ceux qui font le choix catégorique et radical de ne pas participer à la vie de cité et non l’inverse. Ce sont les serviteurs de la République qui doivent penser en termes de citoyenneté et non en termes d’électeurs vaches-à-lait.

Un premier pas serait de reconnaître le vote blanc comme un outil démocratique, de renouveler réellement la classe politique qui pourrit au pouvoir depuis 30 ans, d’arrêter de nourrir des politiques de carrière, d’assainir le système de rétribution de ceux qui font usage du bien de tous… et combien d’autres idées si personne n’est prêt à faire une vraie révolution. Ce que, dans l’absolu, je comprends. On est encore majoritaire suffisamment à notre aise pour faire le choix radical de tout péter. Le rapport bénéfices/risques est trop incertain.

Si le peuple, la force du plus grand nombre a le réel pouvoir que se disputent les oligarques de la monarchie républicaine qu’est notre gouvernement, il n’a pas l’air de s’en souvenir. Mais que chacun fasse son choix en son âme et conscience. Vote ou pas. Mais moi, je sais qui n’aura pas ma voix.

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